La perle et la coquille • Nadia Hashimi

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Titre : La perle et la coquille
Auteur : Nadia Hashimi
Editeur : Milady
Parution : 2014
Nombre de pages : 567 pages
Genre : Historique / Contemporain

CHRONIQUE #250

Janvier 2016

Des milliers de lectrices ont fait leur choix ! Après Jojo Moyes, Nadia Hashimi remporte le prix des lectrices 2016 avec La Perle et la coquille.

Kaboul, 2007. Depuis qu’il a été enrôlé dans les forces talibanes, le père de Rahima n’est plus que l’ombre de lui-même. Sans lui, sa mère et ses soeurs n’ont pas le droit de quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui autorise sous certaines conditions, à travestir une fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Rahima devient alors Rahim, et découvre une liberté qui va faire naître en elle un désir d’émancipation aussi fort que celui qu’éprouva son aïeule, Shekiba, un siècle plus tôt. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

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Un livre comme celui-ci, ça ne s’oublie pas. J’avais déjà entendu beaucoup de belles choses sur ce récit qui met en scène des femmes afghanes mais jamais je n’aurai pensé l’apprécier autant. Cela change tellement des livres que je lis habituellement. Et cela me donne terriblement envie de lire davantage de romans contemporains et historiques qui touchent à des sujets difficiles ou qui se passent dans des endroits dont je connais au final très peu.

J’ai été marquée par les histoires de Shebika et de Rahima. Ces deux filles qui sont nées à un siècle d’intervalle mais qui se ressemble à tellement de niveaux. La vie de Bibi Shekiba fut loin d’être une partie de plaisir. Elevée dans une ferme où ses frères sont morts l’un après l’autre, tout comme sa mère, elle n’a simplement pas eu de chance lorsque la moitié de son visage fut détruit à jamais. Les regards qui se poseront sur elle auront, tout au long de sa vie, une marque de dégoût. Quant à Rahima, elle a dû s’adapter tant de fois que je me demande comment elle sait encore qui elle est. D’abord une jeune fille, troisième enfant d’une famille de quatre, puis une bacha posh afin que son père puisse affirmer avoir au moins un fils… Redevenue femme par la suite, elle fût mariée de force à 13/14 ans à un homme qui tire son gagne-pain de la peine et de la souffrance des autres.

Un livre complet et tellement triste qui m’a réveillé. Nadia Hashimi a éveillé mon intérêt pour cette culture. La découvrir dans un récit tel que celui-ci est bouleversant. On ne comprend pas la chance qu’on a tant qu’on n’a pas réalisé que des filles, quelque part dans le monde, sont obligées de faire des tâches ménagères toute la journée, pendant toute leur vie, d’être traitée comme des moins que rien (parce qu’elles ne sont pas nées « homme ») et d’être mariées de force pour que leur père gagne un peu d’argent.

Lorsque Rahima veut aller jouer au foot avec ses amis (parce qu’elle est déguisée en garçon à ce moment-là), lorsque Shekiba se bat pour un morceau de terre, sa terre, la terre sur laquelle toute sa famille est morte, lorsque Rahima part participer au Parlement et apprend à utiliser un ordinateur, lorsque Shekiba découvre qu’elle va être mariée, elle, la fille au demi-visage dont tout le monde se moque… tant de moments révélateurs qui paraissent « normaux » pour nous mais qui sont exceptionnels voir impensables pour elles. La condition de la femme est exprimée via des exemples bien concrets dans ce livre. Et c’est là qu’on se rend compte que le monde est devenu fou… ou l’est depuis des siècles.

La cuture afghane est différente de la mienne et je ne peux me permettre de juger la religion ou les pratiques culturelles d’autres peuples. Mais quand je vois comme les femmes sont traitées là-bas, cela me révolte. Pourquoi une femme qui est née à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi ne pourrait mériter la même vie que la mienne.  Pourquoi et comment peut-on supporter un destin pareil. Elles ne peuvent rien y faire les femmes là-bas. Si elles osent se révolter, leur mari les battra, les jettera à la rue et elles n’auront même plus un toit pour les abriter.

Shekiba et Rahima, deux femmes nées dans des milieux similaires mais quand même bien différents. Deux femmes que l’on apprend à connaitre, avec lesquelles on rit, on pleure, on se crispe. Deux femmes qui ont du courage, de la volonté, une envie de se battre et de changer leur destin. Des femmes qui ne sont pas prêtes à accepter le Naseeb terrible qui leur sont destinés.

Moi, je dis, merci Nadia Hashimi pour cette histoire. Merci de m’avoir fait découvrir ce milieu, cette culture et ces femmes qui pourraient très bien exister, tant ces textes sont réalistes. Si la lune éclaire nos pas vient de sortir en grand format. Je sais que je lirai ce livre mais peut-être attendrai-je simplement la version poche, le tant de continuer à m’imprégner et à repenser à ce premier roman qui mérite bien son prix. La perle et la coquille, je m’en souviendrai. Je vous l’assure.

5 cinq koala

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Lecture approuvée par #atouchofbluemarine

et KILI KOBALT, le koala qui lit !

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