Les vies de papier • Rabih Alameddine

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Titre : Les vies de papier
Auteur : Rabih Alameddine
Editeur : Les Escales
Parution : 2016
Nombre de pages : 336 pages
Genre : Littérature

CHRONIQUE #257

Février 2016

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, est inclassable. Mariée à 16 ans à « un insecte impuissant », elle a été répudiée au bout de quatre ans. Pas de mari, pas d’enfant, pas de religion… Non conventionnelle et un brin obsessionnelle, elle a toujours lutté à sa manière contre le carcan imposé par la société libanaise. Une seule passion l’anime: la littérature. Elle a en effet pour les mots un désir inextinguible. À tel point que, chaque année, le 1er janvier, elle commence à traduire en arabe l’un de ses romans préférés. Un travail ambitieux qui finit toujours par échouer dans un tiroir. Car les quelque trente-sept livres traduits par Aaliya au cours de sa vie n’ont jamais été lus par qui que ce soit. Ce portrait d’une femme solitaire en pleine crise existentielle oscille sans cesse entre passé et présent dans un Beyrouth en constante mutation. Tandis qu’elle essaye de maîtriser son corps vieillissant et la spontanéité de ses émotions, Aaliya doit faire face à une catastrophe inimaginable qui menace de faire voler sa vie en éclats. Son ton mordant ne nous laisse pas indemne.

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Les premières lignes de ce roman furent pour moi tout simplement fantastiques. Une vieille femme découvre qu’elle s’est trompée dans le dosage de sa couleur et voilà qu’elle se retrouve avec les cheveux bleus. Des cheveux bleus à 72 ans ! Il faut le faire. Cette vieille dame, Alliya Saleh, habite dans un appartement à Beyrouth et pendant plus de 50 ans, son passe-temps fut de traduire des romans. J’ai adoré ces premières pages. On rencontre cette dame au caractère bien trempé. Une dame qui nous raconte sa vie, nous explique qu’elle a travaillé dans une librairie et que son chez-elle n’est autre qu’une extension de celle-ci vu le nombre de livres qui s’y trouvent. J’ai cru tomber sur un livre coup de coeur lorsque j’ai ouvert ce livre. Cela partait si bien !

Pourtant, au fil des pages, Alliya s’écarte de sa passion pour les livres et nous raconte simplement de nombreux épisodes de sa vie. On se rend compte que ce ne fut pas une vie facile. Alliya est une femme solitaire qui fut mariée très jeune à un homme impuissant. Ce dernier la rapidement répudiée et elle n’a jamais voulu quitter son appartement. Elle a donc passé de très nombreuses années sans compagnie dans cet endroit, entourée seulement de ses livres. Elle nous raconte certains passages de la guerre civile qui a eu lieu à Beyrouth. Des moments où elle se terrait dans son appartement et où elle s’est procuré une arme pour être certaine d’être protégée lorsque des malfrats essayeraient de s’introduire chez elle ou de la menacer.

Alliya nous raconte également de nombreux épisodes de la vie de son amie Hannah. Elle nous parle des interactions qu’elle a eu avec d’autres résidants de son immeuble et de la vieillesse de sa mère. Le livre n’est pas séparé par des chapitres ce qui le rend assez monotone. Les seules coupures sont des changements de paragraphes où une ligne blanche vient s’intercaler, permettant ainsi au lecteur de reposer sa lecture quelques instants. Personnellement, j’ai trouvé que certains passages étaient un peu longs et inutiles. Cependant, ce fut intéressant de découvrir Beyrouth à travers les yeux de ce personnages. On apprend à connaitre un peu plus les us et coutumes ainsi que la culture libanaise et arabe. Alliya est une vieille dame ce qui fait qu’elle a de nombreuses choses à nous raconter, elle a bien vécu et les souvenirs se sont accumulés dans son esprit.

Les parties que j’ai préféré son bien entendu celles qui ont un rapport aux livres. Son appartement et les livres qu’il contient, son ancien métier de libraire et surtout sa passion de traductrice sont les aspects qui m’ont le plus plu. J’ai adoré lire les passages où elle nous explique comment elle choisit le prochain livre qu’elle va traduire et comment elle s’applique à comparer une version francophone et anglophone afin d’écrire sa version arabe. Lorsqu’elle a terminé une traduction, Alliya place ses carnets et notes dans une boite en carton et n’y touche plus. Elle n’a même jamais pensé à faire appel à un éditeur pour que son travail soit partagé et puisse profiter aux lecteurs qui seraient intéressés.

En résumé, après un début qui démarra sur les chapeaux de roues, je me suis par la suite un peu lassée des passages moins livresques (disons cela comme ça) et j’ai parfois eu quelques difficultés à poursuivre ma lecture. Cependant, la fin est à nouveau ciblée sur la passion d’Alliya et j’ai donc eu un regain d’intérêt lors de ma lecture des dernières pages ce qui m’a permis de terminer ce récit sur une note positive. Je le recommanderais aux adeptes de livres parlant de livres bien entendu, mais aussi aux amateurs d’Histoire libanaise et aux lecteurs qui apprécient un personnage fort, charismatique et très cultivé ! J’ai été surprise de découvrir que l’auteur était un homme étant donné la franchise et les détails que nous raconte Alliya, cette femme indépendante qui a vécu de nombreuses vies…

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Lecture approuvée par #atouchofbluemarine

et KILI KOBALT, le koala qui lit !

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