La servante écarlate • Margaret Atwood // Lecture recommandée par Emma Watson

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Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Editeur : Robert Lafont
Parution : 2017 (1987)
Nombre de pages :  544 pages
Genre : Littérature

CHRONIQUE #308

Juillet 2017

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid’s Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

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Le livre phare de l’été, celui qui fait la une de l’actualité littéraire et télévisée, c’est celui-là. La servante écarlate, the handmaid’s tale pour les puristes… bref, le roman de Margaret Atwood qui vient une nouvelle fois d’être réédité pour notre plus grand plaisir. Livre que je découvre grâce au buzz qui vogue actuellement sur la toile. Que ce soit les bloggeuses littéraires, le groupe Our Shared Shelf d’Emma Watson ou encore les récents articles sur la nouvelle série TV éponyme, tout le monde en parle !

Et il y a de quoi ! Je viens de terminer ce roman qui est comme l’auteur l’indique dans la postface « pas vraiment une dystopie féministe » mais qui s’en rapproche fortement. Si vous avez lu 1984 de George Orwell ou Farenheit 451, vous comprendrez vite dans quel genre d’univers Margaret Atwood nous invite. Un futur possible ? Un futur probable ? La question se pose… Si ou quand… notre monde se dirige-t-il vers une société de ce type ? Une société infertile ou les femmes sont traitées comme des servantes-mères-porteuses contre leur plein gré. Une société où chaque caste à sa couleur, où les hommes sont pendus et affichés en pleines villes pour leurs méfaits, où le plaisir et l’amour ont totalement disparu… Je n’ose imaginer vivre dans un monde pareil. Le nombre de choses révoltantes dans ce roman sont hallucinantes. Pourtant, lorsqu’on découvre les causes de cette nouvelle structure, les raisons qui ont poussé des hommes et des femmes à repenser la manière de vivre des humains, je me dis qu’on est plutôt mal parti.

Malgré les peu d’indices que l’auteur partage dans ce récit, on apprend quand même que c’est la décadence de notre époque qui a causé la perte de l’humanité : l’infertilité causée par les nombreuses maladies, l’alimentation chimique, les substances toxiques, le nucléaire ; le manque de respect, de considération pour son prochain mais aussi le manque de règle, de structure, de punition pour tel ou tel acte violent ou malveillant dans certains cas ; l’horreur du quotidien, le mode de vie des hommes, la guerre constante… On retrouve notre société actuelle dans pas mal des descriptions faites par l’auteur. Pour autant, le cadre décrit dans la servante écarlate est choquant, horrifiant parfois et même dégradant pour les femmes à plus d’un niveau. Où est passée la liberté ? Le libre-arbitre ? Ils ont brûlé la Constitution, ont défini leurs propres règles, castes et définis qui feraient quoi. Les Marthas sont les boniches, les esclaves, les servantes, les Tante sont les impératrices des castes féminines et les femmes toutes d’écarlates vêtue, celles qui ont des ovaires fonctionnels et qui sont fertiles, celles-là ne sont bonnes qu’à la reproduction. Non pas avec qui elles veulent mais bien avec ceux qui ont les moyens financiers, la position sociale et une douce épouse infertile, incapable d’enfanter. Voilà à quoi en est réduite Defred (littéralement « de Fred », c’est la servante de Fred Waterford).

Mis à part la structure qui est parfois un peu décousue, j’ai trouvé ce roman percutant. Dès les premières pages, l’auteur nous met en condition. Defred nous raconte des morceaux de son histoire, nous décrit son quotidien. Ce qu’elle voit, ce qu’elle fait, ce qu’elle entend… Sa vie en tant que servante écarlate mais aussi des réminiscences de son passé. Car oui, avant de vivre « prisonnière » de cette nouvelle condition, Defred avait une vie, un mari, une fille. Et c’est ça le pire ! Se rendre compte que son histoire ne sera plus jamais la même, que le passé est révolu, qu’elle ne touchera plus jamais les êtres qui lui étaient si proches ni les objets si banal du quotidien qui ont été détruits. J’aurai bien aimé avoir quelques informations supplémentaires sur le « comment on en est arrivé là ». On ne sait pas vraiment comment tout a commencé, comment s’est déroulé la transition, qui a fait partie de tout cette révolution. Enfin, les dernières pages nous donnent bien quelques bribes sur le contexte mais cela reste assez pauvre. La fin, d’ailleurs, parlons-en ! Parfaite conclusion (bien que fort étrange, on ne s’attend pas à lire cette dernière partie, j’en ai été fort étonnée !) de ce récit épisodique « futuriste » qui se rapproche pourtant bien plus de l’Histoire que du futur. Comme le dit l’auteur à la fin : « je m’étais fixé une règle : je l’inclurais rien que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n’existerait pas déjà ».

En résumé, un livre à lire absolument, AVANT de regarder la série TV (que je vous recommande aussi fortement !). Une découverte parfaite qui m’a fait – et me fera encore un moment – réfléchir sur le futur (et le présent) de la race humaine.

La série TV : THE HANDMAID’S TALE

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Lecture approuvée par #atouchofbluemarine

et KILI KOBALT, le koala qui lit !

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7 réflexions sur “La servante écarlate • Margaret Atwood // Lecture recommandée par Emma Watson

  1. Je l’ai terminé la semaine dernière et j’ai beaucoup aimé.
    En revanche, dire que les femmes deviennent servantes malgré elles… Oui et non : on leur propose ça ou d’autres « emplois ». Mais quels emplois ! Alors elles n’ont pas vraiment le choix. Je n’aimerais pas devoir prendre ce genre de décision… L’histoire est vraiment terrifiante.

    J'aime

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