[Extraits de mon mémoire] – Le best-seller, toute une histoire…

Lors de mon master à l’Université Catholique de Louvain, j’ai eu le plaisir de réaliser un mémoire. En résumé : deux années de recherches, de longues heures en bibliothèque et sur internet, des syndromes passagers de la page blanche … mais, au final, un document de plus de 100 pages et une réussite à la clé ! C’était un projet d’envergure et je suis super contente de l’avoir terminé. Aujourd’hui, j’aimerais me replonger un peu dedans et partager avec vous certaines pages qui pourraient vous intéresser. Car, oui, ayant fait un master dans le secteur de l’édition, j’ai eu le plaisir de choisir un thème lié au monde du livre à savoir : le best-seller.

Dans ce premier extrait, je vous propose de découvrir l’histoire du best-seller et plus précisement, les grandes périodes qui la traversent. Le vocabulaire et la tournure des phrases est un peu plus complexe que la majorité de mes articles (vous comprenez, à l’unif’, on ne peut pas parler n’importe comment) mais j’espère que cela vous plaira tout de même !

Une dernière petite précision : ces notes ont été entièrement écrits par moi-même et ont été sujets d’une évaluation universitaire reconnue. Je vous prierais donc de ne pas faire de copier-coller sans mentionner la source ! Merci de respecter mes heures de recherches, ma plume et les droits d’auteurs de manière générale 🙂


Le best-seller, toute une histoire

Trois grandes périodes

Dans son récent ouvrage sur l’histoire des best-sellers, Fréderic Rouvillois distingue trois grandes périodes (ou ères) permettant de mieux appréhender l’évolution du best-seller à travers le temps. Il est important de noter au préalable qu’un livre considéré comme un best-seller au XVIe siècle n’est en rien comparable à un best-seller du XXIe en termes d’exemplaires vendus. Il est évident que les moyens techniques ont fort évolué depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1450. Néanmoins, cette vision des choses nous permet de bien observer l’évolution du concept de « succès dans le monde du livre ».

Ainsi donc, la première période, l’ère de l’artisanat, débute aux environs du XVIe siècle avec des oeuvres à succès telles que L’Énéide de Virgile, L’Éloge de la folie d’Erasme, l’Utopie de Thomas More et les écrits de Rabelais. Qualifiés actuellement de best-sellers, ces ouvrages ne sont en rien similaires à ceux que l’on peut observer à l’heure actuelle. Les tirages étaient alors risibles, quelque 2.000 exemplaires et le livre étaient une vraie réussite. Mais, ce qui prouve la popularité de ces ouvrages, ce furent les nombreuses rééditions et traductions. « Pantagruel, par exemple, après une édition […] en 1532, connaît en France, au cours de la décennie, au moins quatorze éditions distinctes […] ». Si lors du siècle des Lumières les tirages atteignent déjà les 6.000 exemplaires, c’est surtout au XIXe siècle que le livre connut sa seconde révolution (notamment grâce à des évolutions techniques telles que la fabrique de papier en continu et la presse à vapeur).

À partir de 1840, nous entrons dans l’ère de l’industrialisation. Avec l’invention de nouveaux formats (notamment), l’ère de la consommation de masse est à nos portes et la littérature industrielle a des répercussions importantes sur les chiffres de ventes des best-sellers. Les mystères de Paris d’Eugène Sue se vendent alors à quelque 60.000 exemplaires grâce aux nouvelles stratégies éditoriales et aux nouveaux désirs des lecteurs. Le XIXe siècle fait ainsi se banaliser le « best-seller à 100.000 exemplaires » avec pour nouvel objectif de passer le cap du million. La France commence d’ailleurs, aux environs des années 1920, à utiliser le mot « best-seller » pour décrire un livre à gros tirage ayant pour seul critère, la vente.

L’entre-deux-guerres profite bien au monde de l’édition qui voit apparaître en 1936 une oeuvre qui, sa première année, écoule un million d’exemplaires. Il s’agit du très connu Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell qui, après 10 ans sur le marché aux États-Unis, parvient à atteindre les 3 millions d’exemplaires vendus. Le milieu du XXe siècle annonce donc le passage à une ère nouvelle, celle des « superlatifs ».

À partir de 1950, une confluence de facteurs se met en place et vient changer la donne. Rouvillois cite, comme cause à ce changement d’échelle, l’industrialisation de l’édition, le développement de nouvelles stratégies commerciales, l’explosion de la clientèle (rappelons qu’au XVIe siècle, beaucoup de clients potentiels étaient encore analphabètes) mais aussi la mondialisation, les nouveaux médias et la standardisation des goûts. Tous ces éléments ont permis d’engendrer des « méga-best-sellers » comme on n’en avait jamais vu, ni même imaginé auparavant. Avec des modes de distributions inédits tels que des ouvertures à minuit pour le septième tome d’Harry Potter, ces nouveaux bestsellers sont capables de se vendre à des millions d’exemplaires en quelques heures seulement (Harry Potter et les reliques de la mort ayant d’ailleurs été vendu à 11 millions de copies le jour de sa sortie).

Si ce type d’article vous intéresse, sachez que j’ai plus de 100 pages de textes dans mon mémoire donc je peux vous trouver sans problème quelques extraits qui pourraient être intéressants, indépendamment de ma question centrale.


Source : ROUVILLOIS Frédéric, Une histoire des best-sellers, Paris, Flammarion, 2011.

Pour citer : NOIRFALISE Marine, Le positionnement du best-seller dans l’édition contemporaine. Entre logique marchande et travail d’écriture, le best-seller sous toutes ses coutures, mémoire, Louvain-La-Neuve, Université Catholique de Louvain, 2012-2014. (pp.19-20)

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2 réflexions sur “[Extraits de mon mémoire] – Le best-seller, toute une histoire…

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